Accueil / Factory / Use cases / RECOUVREMENT RECOUVREMENT · E-COMMERCE · 12 oct. 2026

Recouvrement e-commerce : relancer juste, au bon moment, au bon canal

Un scoring prédictif oriente chaque impayé e-commerce vers la stratégie de relance la plus efficace, sans sur-solliciter le client.

RECOUVREMENTE-COMMERCEComplexité : MOYENNEMise en production : 10 à 14 semaines

LE PROBLÈME

Un acteur e-commerce avec paiement différé ou en plusieurs fois accumule chaque mois des milliers de créances impayées. Les équipes recouvrement traitent les dossiers dans l'ordre d'arrivée ou par montant, sans distinguer un client solvable qui a oublié de payer d'un client en difficulté structurelle. Résultat : des relances agressives envoyées à de bons clients qui se désabonnent, et des dossiers à fort potentiel de recouvrement traités trop tard.

LES DONNÉES

  • Historique de commandes et de paiements par client
  • Historique des incidents de paiement et de leur résolution
  • Données de navigation et d'interactions service client (CRM, tickets SAV)
  • Moyens de paiement utilisés et type de financement (CB, paiement en 3x, BNPL)
  • Données déclaratives à l'inscription (âge du compte, canal d'acquisition)
  • Historique des actions de recouvrement déjà menées (canal, délai, résultat)
  • Score externe de solvabilité si disponible via partenaire BNPL ou assureur-crédit

LES MÉTHODES

  • XGBoost avec contrainte de monotonie : score de risque de non-paiement explicable
  • Forêts causales (uplift modeling) : choix de l'action de relance la plus efficace par profil
  • Segmentation par k-prototypes : regroupement des clients mixant variables continues et catégorielles
  • Modèle de survie de Cox : estimation du délai probable avant paiement ou passage en contentieux
  • A/B testing séquentiel : validation terrain des stratégies de relance recommandées

L'APPROCHE

La démarche part d'un état des lieux des actions de recouvrement existantes et de leur taux de succès réel, souvent mal mesuré car les relances sont envoyées de façon uniforme. On construit ensuite un modèle de scoring du risque de non-paiement définitif, puis un second modèle qui recommande l'action optimale parmi plusieurs scénarios de relance testés en amont.

Le scoring utilise XGBoost sur variables comportementales et transactionnelles, avec une contrainte de monotonie sur des variables comme le nombre d'incidents passés, pour garantir une cohérence métier facile à auditer. Pour l'allocation de la stratégie de relance, on s'appuie sur une approche d'uplift modeling (forêts causales) afin d'identifier quels clients répondent mieux à un email, un SMS, un appel ou un geste commercial, plutôt que de prédire seulement le risque brut.

Le dispositif est testé en A/B sur un périmètre restreint de dossiers avant généralisation, avec un tableau de bord Looker Studio pour suivre en continu le taux de recouvrement par segment et détecter toute dérive du modèle.

MISE EN ŒUVRE

  1. Cadrage avec les équipes recouvrement et finance : définition des segments et des canaux disponibles
  2. Audit des données de paiement, CRM et tickets SAV, et construction du socle dans BigQuery via dbt
  3. Entraînement et validation du modèle de scoring de risque sur historique
  4. Construction du modèle d'uplift et simulation des gains par scénario de relance
  5. Déploiement en A/B test sur un sous-ensemble de dossiers avec suivi hebdomadaire
  6. Industrialisation du scoring quotidien via Airflow et Vertex AI, orchestration des relances
  7. Mise en place du monitoring de dérive et du reporting mensuel pour les équipes métier

GAINS ATTENDUS

Si 15 à 20 % des impayés aujourd'hui transmis au contentieux sont en réalité recouvrables avec une relance mieux ciblée, le taux de recouvrement global pourrait progresser de quelques points. Une allocation plus fine des canaux de relance réduirait aussi le coût de traitement par dossier, en limitant les appels et courriers inutiles sur les clients à faible risque.

KPIS À SUIVRE

  • Taux de recouvrement à 30, 60, 90 jours
  • Coût moyen de recouvrement par dossier
  • Taux de churn des clients relancés versus non relancés
  • Taux de détection des impayés irrécouvrables transmis trop tard
  • Précision et stabilité du score dans le temps (PSI)

LA STACK

  • BigQuery pour le socle de données
  • dbt pour les transformations et la documentation des indicateurs
  • Vertex AI pour l'entraînement et le déploiement des modèles
  • Airflow pour l'orchestration des scores quotidiens
  • Python (scikit-learn, XGBoost, EconML pour l'uplift)
  • Looker Studio pour le suivi des KPI métier
  • Outil de CRM ou plateforme de relance existante pour l'activation des actions

RISQUES ET CONFORMITÉ

  • Conformité RGPD : les données de paiement et de solvabilité sont sensibles, nécessitent une base légale claire et une durée de conservation limitée
  • Risque réglementaire : les pratiques de relance doivent respecter l'encadrement du recouvrement amiable et ne pas constituer du harcèlement
  • Biais modèle : un historique de relances inégal selon les segments peut biaiser l'apprentissage, nécessite un audit de fairness par sous-population
  • Dérive du modèle : l'évolution du contexte économique ou des moyens de paiement peut rendre le score obsolète sans recalibrage régulier
  • Explicabilité : les équipes recouvrement doivent pouvoir justifier une action au client, prévoir des explications type SHAP sur le score

QUESTIONS FRÉQUENTES

Ce modèle remplace-t-il les équipes de recouvrement ?

Non. Il priorise les dossiers et recommande le canal le plus efficace, mais les agents gardent la main sur les cas complexes et les décisions finales, notamment pour les dossiers sensibles ou litigieux.

Comment éviter de pénaliser des clients fidèles en difficulté passagère ?

Le modèle d'uplift distingue le risque de non-paiement du bon canal de relance. Un client fidèle à risque faible reçoit une relance douce, ce qui limite le risque de churn tout en recouvrant la créance.

Quel est le prérequis principal pour démarrer ce projet ?

Disposer d'un historique d'au moins 12 à 18 mois de relances avec leur résultat, et d'un identifiant client unique reliant commandes, paiements et interactions SAV.

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